Je n'ai pas publié la bonne suite ! toutes mes excuses, il vous manque un gros paragraphe pour comprendre ce que j'ai publié plus tôt. J'ai supprimé la "mauvaise suite" pour les plus rapides qui l'ont déjà lue, tant mieux, pour ceux qui ne l'ont pas encore lue, encore mieux !! 

Bonne lecture quand même !

ps: bon, là c'est vrai, il vous faudra plus de 30 secondes mais c'est dimanche non? 

"La petite journaliste un peu boulotte était « effarée » par ma façon de décrire les macchiatto et les autres latte. Elle trouvait ça « subjuguant » et « à la limite de la sublimation ». Elle est « tombée amoureuse » de mes « turpitudes caféinées ». Faut dire que j’y versais toutes mes haines et mes déceptions. Moi, je me suis juste souvenu que mon bar habituel avait fait faillite et que j’ai désespérément cherché un établissement qui veuille bien me servir autre chose que du pétrole. Au bout d’une semaine, j’en avais visité 35 et j’avais bu une bonne centaine de boissons chaudes de toutes sortes. J’ai décidé de dénoncer tous les cafés immondes servis dans ma ville. J’en avais marre de payer 3 € pour un tort boyau. Les clients ont tous eu vent de mon blog et ont commencés à acquiescer en masse. De plus en plus de clients faisaient des réflexions aux établissements et montraient leurs mécontentements. Enfin, ils osaient ! Ça se déchainait de tous les côtés : le café est froid, trop amère, pas assez de sucre, trop cher, les toilettes sont sales, vos serveurs sont désagréables, votre terrasse est sale etc. L’ultime attaque était la menace : « Vous allez apparaitre dans les Cafés dans ma ville ! »

Ça n’en finissait plus, je répondais à 50 messages par jour. Au début, je les ai tous remerciés de me soutenir et qu’il fallait en finir avec ça, qu’ils se moquaient de nous et que la révolution devait commencer par le boycott des cafés. Les débits de boissons en tout genre ont été peu à peu désertés et je suis devenu un héros. Là, à ce moment précis, je me sentais comme la photographie du Che  reproduite sur tous les objets possibles et inimaginables. Je me sentais propulsé au sommet du monde, célèbre et influent. La moindre de mes paroles était délicieuse pour chacun et on m’adulait. Pendant des semaines la ville fut paisible et les commerçants allaient vers la faillite. Ils ont décidés d’agir en conséquence. Après tout, eux aussi étaient clients d’une enseigne ou de quelqu’un. Je crois que c’est à partir de là que ma chance a levé le pied. Ils s’en sont pris aux épiceries, boucheries et boulangeries avec lesquelles ils signaient leurs contrats d’approvisionnement. Un blog recensait tous les « contrats à merdes » qu’ils avaient signés avec les commerces nommés ci-après dans le blog. Faute d’avoir mieux, les bars/brasseries devaient subir les aléas des livraisons, les retards, le pain rassis, la viande à « odeur suspecte » et trop nerveuse, les légumes aux pesticides et j’en passe.

Au bout de 3 mois, tous les commerces affichaient « fermé pour une durée indéterminée ». Plus de boulangerie, plus de boucherie, plus de café, plus de brasserie, plus de « cave » ni d’épicerie fine, plus rien en somme. Tout était fermé."