blanco

 

Bonjour les amis !

Je me suis dit que ces dernières publications étaient un peu bordéliques. Donc, je vous ai tout bien remis en ordre tout bien comme il faut par ordre croissant, alphabètique et sinusoïdal pour y voir plus clair. Non, je déconne, j'ai juste corrigé quelques beaucoup de fautes et j'ai  mis bout à bout les publications. 

La prochaine arrive bientôt peut-être dans 1000 et 1 jours ce soir si je suis d'humeur ou dans le week-end! 

bonne relecture ! 

 

Révolution 

(ah oui j'ai changé le titre aussi, "Révolution" c'est mieux que "Révolte", parce que y a le double sens et tout, tu vois)

 

 

« -Alors ! Tu joues ?

-J’me couche.

-Encore ? On n’arrivera pas à gagner plus de dix balles avec toi !

-Ça va, je rentre. »

J’ai posé mon carré de valets et je suis sorti marcher.

Jim était tout le temps comme ça, il fallait qu’il gagne, qu’il risque à tout prix, il voulait faire « marcher la chance ». Les pokers du jeudi soir devenaient vite ennuyeux. Les parties étaient à rallonge : Jim relançait pour rien, j’me couchais pour n’importe quoi et tout le monde râlait parce qu’en fait nos pokers étaient merdiques. C’est vrai que j’y mettais de la mauvaise volonté, je leur accorde ça. A part ça je ne suis pas trop chiant. Sauf pour mes voisins. Des fois (au moins une fois par semaine) j’oublie mes clés (je suis trop bourré pour les trouver) et je demande à mes voisins de m’ouvrir (je sonne chez eux à 4heure du mat’). A part ça, je ne suis pas trop chiant. Il y a Milly aussi, ma chienne. Les soirs, quand je rentre un peu trop « fatigué », j’oublie de la sortir et c’est vrai qu’elle aboie et pisse dans les escaliers dès que je la sors car elle n’arrive plus à se retenir… mais, vraiment, à part ça je ne suis pas trop chiant. Je ne prends pas de douche tous les jours, je n’ai pas de boulot, à part Milly et Jim je n’aime personne et mes voisins me détestent. Pourtant, je ne me considère pas comme un mec chiant. Je n’ai pas été gâté par la vie c’est tout. La chance n’a ni « marché », ni « couru » pour moi. Elle a rampé au fond d’un caniveau et m’a donné assez d’argent chaque mois pour que je m’achète de l’alcool. Ah c’est certain, ce n’est pas la vie dont je rêvais enfant, mais, après tout, je suis tranquille. On ne me demande jamais rien et on ne me tient responsable de rien. Du coup, je ne suis pas chiant comme gars puisque je ne fais chier personne.

Il y a un moment tout de même où j’ai cru que ça allait « courir » pour moi. Un de mes articles avait été repéré sur internet et un hebdomadaire régional voulait me publier. Ce n’était pas grand-chose mais, au moins, on allait me filer 50 euros ! Comme quoi, écrire sur les « Cafés dans ma ville » ça rapporte plus que « Ma vie merdique au Jack Daniel’s ».

La petite journaliste un peu boulotte était « effarée » par ma façon de décrire les macchiatto et autres latte. Elle trouvait ça « subjuguant » et « à la limite de la sublimation ». Elle est « tombée amoureuse » de mes « turpitudes caféinées ». Faut dire que j’y versais toutes mes haines et mes déceptions. Moi, je me suis juste souvenu que mon bar habituel avait fait faillite et que j’ai désespérément cherché un établissement qui veuille bien me servir autre chose que du pétrole. Au bout d’une semaine, j’en avais visité 35 et j’avais bu une bonne centaine de boissons chaudes de toutes les sortes. J’ai décidé de dénoncer tous les cafés immondes servis dans ma ville. J’en avais marre de payer 3 € pour un tord-boyaux. Les clients ont tous eu vent de mon blog et ont commencés à acquiescer en masse. De plus en plus de clients faisaient des réflexions aux établissements et montraient leurs mécontentements. Enfin, ils osaient ! Ça se déchainait de tous les côtés : le café est froid, trop amère, pas assez de sucre, trop cher, les toilettes sont sales, vos serveurs sont désagréables, etc. L’ultime menace était : « Vous allez apparaitre dans les Cafés dans ma ville ! »

Ça n’en finissait plus, je répondais à 50 messages par jour. Au début, je les ai tous remerciés de me soutenir et  je leurs disais qu’il fallait en finir avec ça, qu’ils se moquaient de nous et que la révolution devait commencer par le boycott des cafés. C’est vrai, je mettais un peu d’huile sur le feu… Les débits de boissons en tout genre ont été peu à peu désertés et je suis devenu un héros. Là, à ce moment précis, je me sentais comme la photographie du Che  reproduite sur tous les objets possibles et inimaginables. Je me sentais propulsé au sommet du monde, célèbre et influent. La moindre de mes paroles était délicieuse pour chacun et on m’adulait. Pendant des semaines la ville fut paisible et les commerçants allaient vers la faillite. Ils ont décidés d’agir en conséquence. Après tout, eux aussi étaient clients d’une enseigne ou de quelqu’un. Je crois que c’est à partir de là que ma chance a levé le pied. Ils s’en sont pris aux épiceries, boucheries et boulangeries avec lesquelles ils avaient leurs contrats d’approvisionnement. Un blog recensait tous les « contrats à merdes » qu’ils avaient signés avec les commerces nommés ci-après dans le blog. Faute d’avoir mieux, les bars/brasseries devaient subir les aléas des livraisons, les retards, le pain rassis, la viande à l’« odeur suspecte » et trop nerveuse, les légumes aux pesticides et j’en passe.

Au bout de 3 mois, tous les commerces affichaient « fermé pour une durée indéterminée ». Plus de boulangerie, plus de boucherie, plus de café, plus de brasserie, plus de « cave » ni d’épicerie fine, plus rien en somme. Tout était fermé.

 

Il ne restait plus que l’hypermarché en périphérie. On se ruait là-bas. On achetait ce qu’il y a avait sans se préoccuper d’où ça venait. L’hypermarché a connu une croissance de son chiffre d’affaire à trois chiffres et est devenu le seul lien avec les producteurs et les éleveurs. Sa rentabilité était telle que des parkings à plusieurs étages ont commencés à pousser partout. L’hypermarché est devenu un méga-marché dans un méga centre commercial.  Après avoir fait ses courses on rentrait chez soi et la ville restait déserte. Les commerçants sont partis ; les gens ne se rencontraient plus. Les vieux mourraient seuls chez eux. Les enfants ne sortaient plus de leur chambre et leurs parents ne faisaient que regarder la télé et aller au cinéma. Plus d’associations de quartier, plus d’écoles, plus de piscines, plus rien. Les gens partaient. On voulait juste quitter la ville, pour un ailleurs plus « sociable ».

La ville était définitivement morte. Le peu qui restait s’est retourné contre moi en me prétextant que si je n’avais pas commencé à râler, « on n’en serait pas là ». Mouais… Moi j’avais juste écrit des articles. Des mots virtuels sur un papier virtuel. Je ne pensais pas qu’on pouvait en arriver là rien qu’avec des mots, surtout les miens. 

Je me suis fait salement décorer la façade de ma maison et mon jardin s’est remplit de rouleau de papier toilette. Ma copine a rejoint l’autre camp et m’a quitté pour l’ancien pâtissier. J’ai finalement cédé et publié une note d’excuse sur le blog. La ville n’allait pas mieux, mais au moins, je n’avais plus d’œufs congelés qui crevaient mes fenêtres. J’ai annoncé mon départ et je suis parti. Je suis passé devant mon café préféré, fermé jusqu’alors. Apparemment,  il avait été repris par les quelques personnes qui restaient, elles avaient formés une « association des survivants ». Il parait qu’un agriculteur et un éleveur leurs fournissaient de quoi faire tourner la boutique le midi,  une fois par semaine. Ils recommençaient à zéro et boycottaient le centre commercial en proposant des conserves de plat préparés dont les prix augmentaient de semaine en semaine. Il parait que la première boulangerie a rouverte au bout d’ 1 an seulement.

Ça, c’est ce que j’ai lu dans le journal. Je n’y suis plus retourné depuis 2 ans. Tout ça c’est terminé. Mon ex était partie avec le pâtissier et, en prime, avec MON canapé préféré. Depuis que je ne suis plus avec elle je ne dors plus dans mon lit.  Je cherche désespérément un canapé aussi confortable et réconfortant que celui-là, mais rien. En rentrant de mes pokers je m’endors sur un fauteuil trop petit que Jim m’a donné quand je suis arrivé ici. Milly s’endort sur mon lit. Ce n’est pas possible qu’aucun magasin ne vende un canapé digne de ce nom ! Je ne vais quand même pas me remettre à écrire pour dénoncer l’inconfort qu’on nous oblige à acheter sous prétexte qu’il « n’y a que ça ». Ça me révolte quand même. Devoir payer 300€ pour un canapé dur comme une pierre tombale…Mmmmh… de toute façon il y a peu de chance pour que ça se passe comme la dernière fois… 

 

Si vous étes arrivé jusque là c'est que : 

A-vous étes bien sympa de me lire 

B-vous avez des yeux qui tiennent la route 

C-vous aussi vous aimez les vieux et vous avez trouvé mon image pas drolissime

ou D -vous avez vu ce petit texte en détaché de l'article et vous avez sauté jusqu'à lui car vous étes, somme toute, très curieux.